Jean Ray est une espèce de fantôme dans ma mémoire, dont j'ai toujours entendu parler, sans jamais avoir pris la peine de le lire. Sans doute à cause de l'étiquette « fantastique » qui lui est attachée. C'est vrai que j'ai connu une certaine lassitude face à cette succession de récits qui semblent tous êtres des variations autour de l'épouvantable malaise que provoquent les ombres. Ici, je n'adhère pas toujours. Mais je salue l'écriture ; l'aisance et la maîtrise du style, de la construction ; et puis l'esprit, l'humour. Et puis, au-delà de certains clichés – certainement inévitables –, la non-résolution, la non-explication ; c'est bien le propre du fantastique, mais il y a là un flou supplémentaire qui donne aux textes leur saveur et leur intérêt. Le flou, l'insaisissable... Ici, sans vraiment aimer, je salue
(comment penser et dire autrement,
moi qui, en pratique, affectionne tout particulièrement ces façons ?).

Je note une sainte PULCHÉRIE qui confirme l'existence de ce prénom (en provenance directe du PULCHER latin !) que tout le monde autour de moi s'évertue à méconnaître.

Puis trois photos de lieux signées Alain Resnais !

27 mai 1993