J’étais fermement résolu à l’accompagner aux puces, mais elle est partie avant que je ne me lève et j’étais trop bien à la maison pour songer à la rejoindre. Mais dans l’après-midi, elle allait chez Emmaüs. Je l’y ai accompagnée. Au bout d’une minute, face aux bacs, j’ai renoncé à mon projet de boutique et je me suis appliqué à chercher des livres pour ma propre consommation. J’y ai trouvé trois livres dont Hécate de Jouve (ai-je déjà lu Jouve ?) et un dictionnaire espagnol. Il faisait un temps magnifique, je lui ai proposé une bière à Mouscron. C’était la fête, en l’occurrence, foraine qui comblait toute la place. La seule terrasse libre était celle du Brasseur à l’ombre de l’église. Nous nous y sommes tout de même installés. Au bout d’une minute, un couple accompagné d’une gamine s’est avancé et a demandé à partager la table. « Ça fera un peu de convivialité, ça devient rare dans notre siècle. » C’est lui qui s’exprimait. J’ai acquiescé tout en fixant la gamine qui trempait ses frites dans un petit pot de chocolat liquide, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il s’agissait en réalité de pâte à gaufre en forme de grosses frites. Je craignais que le type n’engage la conversation. Mais ça n’a pas été le cas, même si, à un moment donné, il nous a demandé si nous voulions goûter aux frites en gaufre. Ils sont restés peu de temps. Pendant ce temps, Éléonore me montrait ce qu’elle venait de s’acheter afin de m’orienter dans mes prochains achats que je savais déjà être parfaitement illusoires (encore que, j’ai oublié de le préciser, à titre d’essai, j’aie acheté quelques exemplaires destinés à la vente). Ma bière m’est vite montée à la tête, Éléonore est allée acheter des frites (vraies, celles-ci) à la friterie d’en face. Une fois rentré, j’ai tout de même préparé un repas suite auquel j’ai failli m’endormir.

 

9 avril 2011