Éléonore vient de m’offrir le livre qu'Odin lui a offert, provenant des puces qu’il écume à présent en quête de livres pour sa propre boutique. Je l’avais vu sur son bureau il y a quelques jours, je m’étais aussitôt arrêté dessus, naturellement. « I can’t give it to you, Odin gave it to me. » Tant pis. J'avais trouvé un peu étrange qu'il l'ait offert à elle plutôt qu'à moi (elle aussi, du reste), mais j'étais reparti en le lui laissant. Il y a dix minutes, je l’ai trouvé sur la deuxième marche de l’escalier qui mène au grenier. C’est là que nous posons les objets à monter, dont, pour elle, les livres. Lorsqu’un livre s’y trouve (qui ne m’appartient pas), je sais qu’il faut aller le poser sur la table de son ex-boutique au grenier. Je l’ai pris pour le monter, lui ai demandé si elle comptait le vendre. « No, it’s for you. » Je n’attendais pas d’autre réponse puisqu’il était évidemment impensable qu’elle le vende. Ça s’intitule Le Japon de A. et J. Maybon (j’espère que ce n’est pas une traduction) chez Nathan, 1964. Il est en parfait état, et abondamment illustré. La deuxième de couverture comporte une mention manuscrite : « À mon fils, la valeur n’attend pas le nombre des années »... Je ne vois pas comment ça serait possible avec un Kindle (bientôt, on ne pourra plus offrir un livre ; bientôt, on ne pourra plus rédiger de dédicaces ; bientôt, on ne pourra plus écrire ; bientôt, on ne pourra plus)… En émane une très légère odeur de fond de grenier, très agréable. (Kindle, quant à lui, sent la clinique.)

 

19 octobre 2011