Et tant de choses à dire. Par exemple, les livres dont je n’ai pas parlé et que j’ai la ferme intention de ne pas lâcher avant longtemps, de les absorber tous en ne me permettant une relâche que pour l’écriture, ou, pour le moins, la préparation à l’écrit, soit Lustre II toujours pas achevée, mis de côté, et que je vais avoir du mal à reprendre après tant de temps d’abandon. Je commence par ceux de Susan, les trois qu’elle m’a remis le matin de mon anniversaire à côté de Microfictions, dernier livre, celui que m’a remis Martine chez Pascal, de la part de Pascal, Éric, Patrick et elle, en l’honneur de mon anniversaire. J’étais arrivé le premier, puis Patrick était arrivé et nous buvions la fameuse rakia artisanale que Pascal avait rapportée de Bulgarie, en finissions le premier verre lorsqu’Éric et Martine sont arrivés, Martine qui m’a remis ce gros pavé intrigant avec l’air gêné de celui ou celle qui n’est pas sûr d’avoir fait le bon choix. Depuis un plus d’un an, c’est à peine si je survole Le Monde des Livres, y concède un œil parfois pour des noms qui m’intéressent, Ballard, Saramago (ce sont les deux qui me viennent en premier à l’esprit), mais c’est bien tout. Il y a quinze jours, je m’étais arrêté sur un titre et un article qui lui était consacré : Microfictions d’un certain Régis Jauffret, et comment un tel sujet de texte ne pouvait-il pas m’intéresser ? En effet, ça m’intéressait et m’intriguait : 500 textes, plus de 800 pages. Allais-je me l’acheter, allais-je tomber dans le piège qui m’était tendu ? J’avais renoncé, oublié, et voilà que retirant le papier d’emballage, je le découvrais. Ça ne pouvait mieux tomber. Je l’ai feuilleté, rangé. L’ai repris le lendemain, pour constater que j’avais tout oublié de ce que j’en avais lu dans le journal et qu’il n’y avait pas la moindre indication, seulement une piste : « je est n’importe qui et tout le monde à la fois », auquel j’ai immédiatement substitué (en partie, par simple esprit de contradiction) : « Je c’est moi et personne d’autre »), ai entamé le premier texte, puis le second, puis le troisième. C’est là que j’ai remarqué que les titres étaient classés par ordre alphabétique, que tous avaient sensiblement la même taille, à deux ou trois lignes près, qu’ils couvraient approximativement une page et demie, chacun des textes commençant, par voie de conséquence, à chaque belle page. C’est là que j’ai décidé que je lirai ce livre en 26 jours, soit un jour par lettre, ne sachant pas et n’ayant pas voulu vérifier, si la contrainte était allée jusqu’à écrire le même nombre de textes par lettre. Je sais aujourd’hui que non, troisième jour, lettre C dont le nombre de textes qui lui sont consacrés est plus important que pour la lettre A et B. Je m’en suis aperçu ce matin avant de me préparer à aller chez ma mère. J’en ai été contrit avant de me rendre compte que la journée venait de commencer et n’était pas donc terminée et que je pouvais remettre la suite à mon retour, ce que j’ai fait après avoir lu les 70 premières pages de ces fameuses Comtesses, suite de la lettre C. Elle s’achève sur un texte intitulé « Cutter » dont la chute m’a fait éclater de rire. Le suivant, ouvrant la lettre D, s’intitule « Dandy ».