S'il y a dans la rue V. une épicerie, une mercerie, un bar, un foyer d'étudiantes, une station de radio et un cabinet médical, il y aussi un hôtel.

Il s'agit, comme il se doit, de l'Hôtel V., et Jules en est le veilleur de nuit.

Il est au numéro 18, compte exactement huit chambres et est ouvert toute l'année. Le prix de la nuit, tarif unique décidé par le dernier propriétaire qui aime la tranquillité et les choses simples et carrées, est de cent francs. Petit déjeuner compris. Ce qui, du fait de sa position excentrée et quasi secrète, peut paraître justifié ; mais l'est moins si l'on considère la propreté, le charme, la chaleur et le calme dont il jouit. Et ainsi peut-on dire de l'Hôtel V. qu'il s'agit d'un bon petit hôtel sympathique et pas cher.

Jules y est veilleur de nuit. Il y prend son poste à 23 h 00, pour le quitter à 7 h 00, heure à laquelle arrive la femme de chambre – la première – qui s'occupe du rez-de-chaussée et qui elle-même laissera la place à la seconde qui, à 9 h 00, commencera l'escalier avant d'attaquer les deux étages, ce jusqu'à 13 h 00, heure à laquelle arrive enfin le patron...