Julie en sort qui, comme chaque jour depuis plus d'un an, assure la tranche horaire « minuit-une heure », heure durant laquelle – c'est le début de la nuit et tandis que maints dorment, d'autres pensent et ruminent – elle supporte sans la moindre plainte les désespérés, les amers, les aigris, les grincheux, les anxieux, les atrabilaires, les angoissés, les pervers, les déprimés, les tourmentés, les timides, les perturbés, les féroces, les indécis, les hésitants, les extasiés, les béats, les pleureurs, les grinçants, les troublés, les invertis, les coléreux, les fiévreux, les insatisfaits, les fébriles, les utopistes, les amoureux, les peinés, les brimés, les écorchés, les déçus, les chagrinés, les révoltés, les révulsés, les indignés, les inconstants, les espérants, les introvertis, les refoulés, les renfermés, les inquiets, les craintifs, les las, les mélancoliques, les nostalgiques, les obsessionnels, les obsédés, les contrariés, les pleurnicheurs, les insomniaques, les illuminés, les ténébreux, les lâches, les veules, les retors, les vicieux, les interrogatifs, les transis, les oubliés, les égarés, les perdus, les hagards, les suicidaires, les déroutés, les désarmés, les envoûtés, les possédés, les miséreux, les bannis, les blessés, les offensés, les méprisés, les lymphatiques et les moqués...