C’est le troisième larron, le troisième adolescent qui, avec Thibault et Benoît, regarde Cyrille évoluer sur le trottoir ; le trottoir où il se trouve aussi, appuyé de l’épaule contre la portion de mur qui sépare la porte d’entrée de l’immeuble et la porte cochère qui permet l’accès aux garages.

Il a l’allure d’un cow-boy hollywoodien dont il se croit l’exacte réplique. Il en a bien la démarche exagérément déhanchée et la silhouette effilée, mais de sa physionomie ne sourdent que les relents de générations de besogneux et d’abrutis – gènes implacables dont on ne saurait faire dévier le cours, atténuer la force, réduire la puissance et l’aveugle détermination – dont il est le fidèle témoin : la morve qui souille sa lèvre et les armes qui lui remplissent les poches en sont quelques uns des signes.