À l’aube, j’ai été réveillé par des bruits d’en haut, bruits que produisent ceux qui se lèvent pour aller travailler. Je ne suis d’ailleurs pas sûr que ce soient eux qui m’ont réveillé. J’ai fait une multitude de rêves (et il ne m’en reste rien, sinon l’image d’une large avenue bordée d’arbres et d’immeubles cossues, et d’un homme à l’air méchant qui, depuis le trottoir opposé, m’a lancé, avec force, une tasse de café vide, blanche, tasse de bistro type Zegafredo, comme celles qu’Odin a laissées dans le buffet d’ici – ceci explique sans doute cela) ; c’est probablement au bord de l’un d’eux que j’ai ouvert les yeux. Bref, j’étais réveillé. Je suis allé vérifier l’heure dans la cuisine, ai noté du même coup la présence du soleil au-dessus de Kockherst ; à moins de se lever tôt, on ne voit jamais le soleil de la loggia. J’ai pris une photo avant de me recoucher avec des boules Quiès. J’ai eu beaucoup de mal à me rendormir. Je me suis levé deux heures plus tard, ai pris mon petit déjeuner face à la plage déserte, il faisait beau. Puis je me suis remis à Possessions de Julia Kristeva. Il se trouvait parmi la cinquantaine de livres qu’Éléonore a déposés dans le placard en attendant que nous achetions un petit meuble pour les entreposer. Je l’ai entamé. Une psy s’amuse à faire du polar. C’est brillant, on dirait un exercice de styles, et, en lisant, je ne peux m’empêcher de penser à Sollers dont il me semble, parfois, entrevoir la patte (ou la pâte ?) (l’épate ?)...