Je poursuis par petits bouts When I was cool ou de l’histoire de toute la famille Beat. Nous en parlions, Éléonore et moi, hier, à table. C’était tout de même une belle bande de déglingués. « Misfits », lui avais-je dit en ce sens où il m’apparaît qu’ils étaient des êtres perdus dont le retrait de la conformité ne semble pas être un véritable choix. Il n’y avait pas d’autre solution et peut-être ont-ils été poètes comme ils auraient pu être n’importe quoi d’autre. Du reste, et l’auteur le souligne, ils sont souvent plus proches de la normalité qu’il n’y paraît et auraient eu une certaine tendance, les années passant, à se conformer. Peut-être des sortes de bobos avant l’heure. Je me suis rendu compte aussi en en parlant avec elle que je n’avais pratiquement rien lu d’eux. Kerouac, bien sûr (qui a fini dans les jupons de sa mère, qui, d’après l’auteur, prônait la guerre au Vietnam), mais il y a si longtemps et en français ; Burroughs de même (j’ai un exemplaire de The Soft Machine qui est dans la souffrance depuis des années et que je ne parviens toujours à ouvrir ; j’ai l’impression que ça me déplaira, que je n’y verrai qu’une expression littéraire caduque, anecdotique). Mais rien de Ginsberg ou de Corso.

 

11 décembre 2009