J'ai très peu lu des auteurs du Nouveau Roman, ou du Nouveau Réalisme :
Robbe-Grillet que je n'ai pas aimé
(mais rien qu'un livre ; ou deux si je compte comme tel le très beau texte sur Magritte :
La belle captive – même titre que son film qui en revanche m'a ennuyé),
Sarraute (rien qu'un, qui ne m'a pas déplu) ;
Simon (un seul aussi, que j'ai adoré).
Ce qui me fait penser qu'à l'occasion du discours de la remise du prix de la Renaissance française 1988 attribué à S. de F. (ce dont je ne reviens pas encore lorsqu'il m'arrive d'y penser, et je suis de plus en plus persuadé qu'il s'agissait du seul roman présenté), discours destiné à présenter le texte primé, l'organisateur, orateur pour la circonstance, en avait relevé le côté très Nouveau Roman. Ah ? Je lui en avais demandé la raison par la suite. Il m'avait parlé du souci du détail, presque à l'excès, et du côté descriptif distant et presque neutre...
C'est ce que je retrouve dans La Modification, quoique à un degré beaucoup plus fort, et même extrême puisqu'il ne s'agit pratiquement que de cela : le regard qui détaille, énumère, décompose, sans jamais analyser ni juger. C'est une écriture constat (?) qui se contente de relever et ce dans le moindre détail. Distance, froideur, comme une autopsie, ou une nomenclature, ou un relevé topographique...
Je ne vois guère, hormis la distance, de rapport avec moi et S. de F. en particulier.

25 avril 1990 (dans une lettre à B***)