Il n'est pas nécessaire de lire un livre jusqu'au bout. Ce qui importe, c'est d'en prendre connaissance, de faire connaissance. Ce qui importe, c'est la rencontre : ce qu'il est et ce que l'on est au moment de cette rencontre. Ce qu'il est est déterminé par son aspect et sa facture, ce que l'on est par ce que j'appellerai la disposition. De cette rencontre va naître la lecture, et donc le type et le caractère de lecture. Il n'est pas important de tout en lire, mais ce qui importe, c'est de l'ouvrir, encore qu'il y ait des cas – rares – où l'on se doit de n'en rien voir de l'intérieur, je les écarte pour le moment. L'ouvrir, c'est déjà le lire, seconde lecture, la première étant celle des premiers regards, manière d'avant-propos ou de présentation. Celle-ci étant faite, on peut l'ouvrir. On peut l'ouvrir n'importe où, importe peu. Ce qui importe, c'est le premier regard. Premier regard dedans, à l'intérieur, et ce premier regard, c'est la lecture.

(Notes pour une réflexion, à suivre…)