On dit que Dostoievski, ou lui-même le dit-il, je ne m'en souviens pas, ne pouvait supporter la souffrance de sa femme agonisant. Non parce qu'il compatissait, mais parce que ça l'empêchait d'écrire...
Mais ne l'ai-je pas inventé ? Je repense au « 
comme » de Breton qui m'a faussement accompagné pendant plus de quinze ans ; je pense aussi, transition à un autre point que je voulais développer aujourd'hui, à cette affirmation erronée dont je me suis servi samedi en toute bonne foi pour étayer une argumentation, une hypothèse mienne (qui, davantage qu'hypothèse, est une vérité, vérité mienne, puisque je sais que je n'en démordrai pas).
Samedi, restaurant avec Paul et Susan. Discussion de nouveau autour de l'intelligence : Paul qui croit en le cerveau vierge identique pour tous à la naissance, Susan et moi allant dans le sens de ce « quelque chose » qui fait que, quoi qu'il arrive, chacun est différent et unique et d'une certaine manière prédisposé, voire prédestiné. C'est donc sinon le don, du moins l'aptitude de naissance : ce que l'un sera apte à faire, l'autre ne le pourra pas, quel que soit son parcours. Pourquoi ? Susan ne se l'explique guère : elle le constate ; moi, je vais dans le sens d'un certain potentiel d'intelligence, ou du moins, pour écarter toutes les connotations et les extensions liées à ce mot, de cérébralité. Un potentiel différent d'une certaine capacité à comprendre (joindre la capacité à l'aptitude – et je pense tout à coup au « comprendre » tel qu'il est exprimé par Torga dans Portugal).