Tu n'aimais pas trop Zola non plus, sauf peut-être L'Œuvre que tu étais en train de lire. Tu étais allée dans ta chambre le chercher et l'avais posé sur la table (peut-être aurais-je dû à ce moment m'y intéresser davantage et, peut-être, m'en emparer et le feuilleter). Toujours est-il qu'hier, j'ai pris mon propre exemplaire et l'ai entamé. J'en ai lu quelque cinquante pages, sans réel plaisir et avec un certain effort (le déplaisir provenant de Zola, et l'effort, de mon incapacité, même dans ce cas, de ne pas penser à toi). De toute évidence, il s'agit d'une chronique sur le milieu artistique du milieu du XIXe. Aujourd'hui, dans la véranda, j'en ai lu une centaine d'autres, m'arrêtant à la fin du chapitre 4 où Christine, la fille que le peintre recueille chez lui et dont il veut faire son modèle, et Claude, ledit peintre, s'immobilisent l'un en face de l'autre, sentant en eux tout à coup l'amour naissant, l'amour qu'ils portent l'un pour l'autre et n'osent encore s'avouer. J'ai aussitôt fait le parallèle avec toi qui pourrais très bien te voir dans cette situation [...].

8 juin 1994