Dans la rue, il y a un petit bar, sis à quelques pas de l'immeuble dont on peut aisément voir l'entrée si l'on s'installe à la minuscule terrasse : deux petits guéridons de marbre, deux chaises de rotin à chacun, et c'est tout. Mais d'où l'on ne peut voir l'enseigne, tant à cause de sa position – à moins de lever fort la tête et de se tordre le cou – que de la banne bombée et effrangée. De nuit, elle s'éclaire et clignote : bleu rouge bleu vert rouge bleu rouge vert, mais là, présentement, elle est éteinte et dessous Lucien est assis.

Lucien est assis au guéridon de droite – si l'on sort du bar – et sirote doucement posément une Bécasse, qu'il ne préfère pas spécialement à la Bellevue, à la St Louis ou à la Mort Subite, mais il se trouve que le bar ne dispose que de Bécasse, ce qui en soi est déjà hautement louable...