Il a le visage et les bras hâlés et c’est vrai, on dirait bien qu’il a forci, a gagné en carrure et en stature. Mais ses traits sont tirés et il a les yeux injectés de sang, et si sa mère l’avait mieux regardé à son entrée dans le séjour – précédant son père dont les clefs de voiture dans sa main tintinnabulent, son joyeux qui jure avec son expression sévère, austère, fermée –, elle aurait tout de suite remarqué la légère titubation de sa démarche et le bref tressaillement qui régulièrement agite ses paupières.

Cependant, il sourit. Il est content et heureux. Heureux de son mois de vacances chez tata où il a tant appris, content de retrouver les siens, et tout particulièrement Alphonse dans les bras de qui il se blottit avant même d’embrasser sa mère qui de toute manière le voit à peine, elle téléphone.

« Allô ? Lydie ?... tu es toujours là ?... Non. C’est Ignace qui vient de rentrer... »