Je renoue avec la lecture au bureau, ou, plus précisément, dans le cadre du bureau. Il y a quelques semaines, j’avais posé sur la petite commode bleue près de mon bureau, un livre prélevé des achats et que je destinais éventuellement à mon propre usage. Il s’agit d’Accident nocturne de Modiano. Je l’avais laissé là et, hier soir, je m’en suis saisi, me suis installé dans le rocking chair et en ai lu une centaine de pages (ce n’est pas tout à fait vrai : je m’étais promis d’en lire cent pages – ce quota d’antan, cent pages de lecture par jour, que je n’ai plus appliqué depuis des lustres – ; à la quatre-vingt-onzième, je me suis arrêté, suis allé au lit où j’en ai lu six ou sept avant d’éteindre. Ce matin, je l’ai glissé dans mon sac et ce midi, emporté avec moi au Klee. Il fait beau, pas froid, je me suis installé à la terrasse, au soleil. J’avais aussi, comme toujours, le numéro du jour de l’Immonde. J’ai pensé que le vent déciderait, ce vent qui souvent prend cette route-là et trop souvent me gêne pour lire le journal à l’extérieur. Il y en avait un peu, j’ai sorti Modiano de ma poche, l’ai poursuivi avec mon café. Ici, il n’est plus possible de lire ; ou alors, au sous-sol. Au retour, je l’ai glissé dans la poche intérieure de ma veste (celle que je porte habituellement ici et laisse dans mon vestiaire), à la place des pages de l’Immonde que je destine à la lecture au café lorsque je suis en avance ou me retrouve seul à la cafétéria. Tout à l’heure, lorsque j’irai faire les sorties de dossiers du jour, j’en lirai quelques pages. Ça me rappellera des souvenirs