Il s'agit de la Villa Cavrois, sise à Croix, célèbre dans la région. Mallet-Stevens l'a entièrement conçue en 1932 à la demande de M. Cavrois, industriel roubaisien. Elle a été achevée en 1934 et habitée par la famille jusqu'en 1986, date du décès de madame, puis revendue à une société immobilière qui désirait lotir l’ensemble. Pour une raison que j'ignore et qui n'est pas précisée dans cette plaquette présentée par Richard Klein, elle a ensuite été laissée à l'abandon et très vite soumise au vandalisme et au pillage. Je l'ai vue il y a trois ans ; j'en ai parlé dans un bulletin : état désespéré, à ce point que je me demande ce que l'on peut encore en tirer aujourd'hui. Il n'empêche qu'un groupe associatif s'acharne à la voir restaurée (?), réhabilitée (?). À ce titre, la publication de cette belle plaquette qui est un fac-similé de l'ouvrage paru à l'époque ; multiples photographies qui me donnent l'occasion de la voir pour la première fois dans son état initial, en 1934, date des prises de vues, mais aussi, en 1990, date à laquelle il était encore possible de la voir avant le vandalisme (Éléonore, quelques amis l'ont connue ainsi)...

Navire enraciné ; somptueux, grandiose, encore que pas tout à fait de mon goût : rectitude de l'art déco, épure, matériaux froids. Il n'empêche...

Je note un détail troublant et intrigant : seules les chambres des jeunes hommes et des jeunes enfants (la maison a été conçue pour une famille nombreuse) sont pourvues de croix au-dessus des lits.

La possibilité de création d'une scène dans la salle de jeux des enfants (la balustrade de la partie surélevée était mobile et une tringle pour rideau aménagée dans la corniche d'éclairage) donne bien le ton de la qualité de vie de ses occupants...

Cette plaquette appartient à Éléonore ; je la lui avais offerte pour l’un de ses trois cent soixante-cinq anniversaires…

 

4 juillet 2000