Que j'ai lu dans la soirée, réjouissant texte sous forme de pamphlet.
En 1795, Léonard Snetlage faisait paraître un Nouveau dictionnaire français incluant les nouveaux mots de la République française. Casa lui fait part de son avis en ce long texte paru de manière très confidentielle en 1797 (dernier texte qu'il ait écrit) sous le titre de À Léonard Snetlage, docteur en droit à l'Université de Goettinge. Très critique, très désapprobateur en ce qui concerne maints néologismes qu'il passe en revue, souvent avec humour, il en profite pour faire un sort à la Révolution et à ses erreurs. C'est sagace, perspicace, réjouissant. Considérations diverses sur la langue et la pensée, sur la notion d'État et de pouvoir.
La conclusion est un long épilogue qui fait mention d'un incroyable projet né de l'imagination d'Édouard III d'Angleterre visant la création d'une langue inédite et voulant démontrer que l'écriture et la parole pouvaient se passer de l'ouïe, soit de l'influence linguistique extérieure. Ce projet ahurissant, voyant la construction d'un immense domaine entièrement coupé du monde dans lequel auraient été élevés, durant plusieurs décennies, des centaines de nouveaux nés dont la charge aurait été confiée à des eunuques muets et à des nourrices ne devant pas proférer le moindre son, n'a jamais vu le jour. Quel dommage !