Près de minuit, je n’ai pas vérifié. Je viens de terminer Chaves, un court texte d’un certain Eduardo Mallea dont je n’ai jamais entendu parler. Je le destinais à la vente ; par curiosité, j’y ai mis le nez. Je ne sais qu’en penser ; j’ai l’impression d’en avoir lu des tas d’autres de cette sorte : il arrive de nulle part, se fait embaucher dans une scierie, travaille dur, ne dit pas un mot, reste volontairement seul, il intrigue et agace ; il a un secret, les uns et les autres cherchent à le lui tirer. À partir de là, tout s’écoule sans la moindre surprise… Je ne sais toujours pas si je vais le mettre en vente ou non ; mais au nom de quoi le garderais-je alors que je ne sais comment trier ceux que j’ai déjà, Miller, par exemple, auquel, comme Himes, je m’attache un peu absurdement, ou plutôt à ses livres, la majorité en français, qui appartiennent à une autre époque et ne m’intéressent plus. Pourquoi les conserver ? Peut-être parce qu’ils représentent une époque, parce qu’il (Miller, mais Himes aussi, d’une autre manière) a eu une très grande importance pour moi et que de me séparer de ses textes serait, en quelque sorte, le renier et renier l’importance qu’il a eu. Donc, me renier…

 

12 février 2016