À ma gauche, la petite Japonaise en jupe plissée et chaussettes qui tient à hauteur de son sexe un gros cœur rose. C’est l’une des lycéennes protagonistes de ce texte, entre roman et documentaire, qui se vendent à des inconnus par téléphone interposé, pas forcément pour le sexe, mais ça l’est parfois (et peut-être souvent). (Je pense à ce documentaire que m’avait envoyé Léo au sujet du sexe au Japon, à cette fille seule qui, régulièrement, sortait avec un jeune homme de compagnie ; ils se voyaient deux heures, faisaient du lèche-vitrine, allaient manger une glace – et aussi, dans un autre registre, cette autre jeune fille qui se marie seule, se fait faire des photographies de mariage où elle figure seule.) Murakami a, au préalable, fait une enquête à ce sujet. Ce texte en est le résultat C’était en 1996. C’est prenant, et instructif. Le paragraphe de la page 221 dit bien les choses :

 

« La conscience et le comportement de ces filles qui ne désirent rien d’autre que profiter du moment où, ayant eu envie d’un sac Prada, elles acceptent un rendez-vous pour obtenir l’argent nécessaire à cet achat, cristallisent à la perfection ce modèle immature d’existence que la société japonaise a su si bien raffiner qu’une littérature qui ne soit pas divertissement ou érudition, autrement dit, passe-temps, est inutile. »

 

(Il considère donc la littérature d’érudition comme un passe-temps ? À la réflexion, ce n'est pas très clair ; toute littérature serait-elle donc inutile ? Quant au documentaire dont je parle, il s'agissait de la carence du sexe au Japon, mais le comportement est bien similaire...)

 

16 juin 2017