Dans Le Monde 2, ce torchon chic que je ne fais plus que feuilleter, je tombe sur un article autour d’une nouvelle traduction de Moby Dick qui, à l’en croire l’auteur, est révolutionnaire et remise les précédentes au placard. La cause en est que le nouveau traducteur a enfin su choisir entre les trois genres attribués par Melville à Moby Dick : it, she et he. Il a choisi d’attribuer à la baleine (qui dans le texte serait à la fois « whale », baleine, féminin, et « sperm whale », cachalot et masculin) le sexe masculin. Il suffit de savoir que « dick » est une « queue » en anglais pour peut-être s’en convaincre, encore que Susan affirme et je veux bien la croire que « dick » dans cette acception n’existait pas à l’époque. Quoi qu’il en soit, la relation entre Achab et Moby la Dick n’est plus celle d’un homme avec une femelle, mais bien celle d’une homme avec un mâle (je souligne que female et male en anglais n’ont pas la connotation péjorative du français et s’applique à tous les êtres animés). Et comme il ne serait y avoir de bonnes et légitimes relations entre hommes qu’homosexuelles, on a tôt fait de qualifier Achab d'inverti et par voie de conséquence son créateur itou. De plus, question posée par l’exégète via l’auteur de l’article : pourquoi Moby Dick en titre porte-t-elle/il un trait d’union qui disparaît ensuite dans le texte ? En substance. Que faire sinon aller vérifier, soit aller voir de plus près ces deux exemplaires du texte qui m’attendent dans la souffrance depuis des lustres ? Ce que je fais. « Whale » ou « sperm whale », je ne sais encore, il est un peu trop tôt, mais toujours est-il que les deux couvertures ne porte nul trait d’union, aussi bien cet exemplaire illustré non daté, mais dont la facture le situe dans les années cinquante, que cet autre de 1995. À présent, la lecture… Je relève en feuilletant cette bizarrerie : de mémoire, j’avais écrit Macchab et je tombe sur Ahab ; pour vérification, je me reporte à la fiche technique du film de Huston où il est indiqué Achab. À suivre