Nous y étions donc : la nouvelle écriture cinématographique. Et j’ai souri en entamant le second, « Learning to write about films for money » d’un tout aussi obscur Kim Newman, qui ne m’a en rien surpris et qui était bien à l’image du premier, soit souvenirs autour du cinéma avec une nette priorité à l’enfance. C’est anglo-saxon. Les Anglo-saxons raffolent de ce type de textes tout entier dédiés au souvenir et à l’enfance, le ton, le style à l’avenant, simplicité et humour. En quoi cette écriture est-elle neuve, je l’ignore, de la même manière que Granta se vantait et se vante sans doute encore d’être le porte-parole de la nouvelle écriture anglo-saxonne, alors qu’au bout du compte – à l’exception peut-être des tout premiers numéros à l’époque où la revue n’était pas encore sous la coupe de Penguin – ne s’y trouvait rien de plus ou de moins qu’auparavant, époque où l’écriture était ancienne, voire vieille. Et c’est d’autant plus frappant ici qu’après en avoir lus cinq, et à l’exception de madame Coppola (c’est sa femme) qui s’est contentée de livrer un extrait de ses notes prises pendant le tournage d’Apocalypse now dont la totalité était en vente au prix de £9.99 en 1995, j’avais toujours l’impression d’en être au premier, soit qu’il s’agissait du même auteur. Mais rien d’étonnant là non plus dans la mesure où tous les auteurs anglo-saxons (mais moins les Britanniques) ont le même professeur d’écriture, tout comme les journalistes de presse ont le même professeur de rédaction. Il n’empêche que, pour l’heure, ça n’est pas déplaisant, bien au contraire.

Je note incidemment que « This book is not for sale separarately ».

Je me suis fait avoir…

 

6 novembre 2006