Désormais, je ne peux plus entrer dans une supérette ou un supermarché sans faire un détour par le rayon des livres histoire d’y dégoter un Amélie en poche que je ne possèderais pas. Hier, c’était Cosmétique de l’ennemi (beau titre) que j’ai entamé l’après-midi et achevé au lit. Que dire de plus que je n’aie déjà dit ? Passé l’agacement des premières pages avec ses maladresses, ses lourdeurs de collégienne, ses bourdes, il y a l’emprise du texte, ici pratiquement réduit à un dialogue, et l’alternance entre perplexité et intérêt, agacement et ravissement (dans son sens le plus propre), froncement et écarquillement. La chute est décevante et presque bête (non : elle est vraiment bête), mais plus que jamais, c’est énigmatique, plus que jamais, elle m’intrigue ; et plus que jamais, je me demande dans quel monde elle vit (le sien) pour alterner les banalités les plus confondantes avec des trouvailles qui frôlent parfois le trait de génie. Et puis, je lui trouve de l’audace, malgré tout, et de l’impertinence ; et, malgré les débordements, de la lucidité. Et encore cette question que je me pose : quel est le regard de l’éditeur sur le texte une fois posé sur sa table ? Laisse-t-il volontairement passer, au nom d’une certaine pureté, les erreurs scolaires d’écriture qui nuisent au texte ?

 

11 décembre 2003