Il est retourné dans la cuisine terminer son fromage, suite à quoi il a fait la petite vaisselle. Puis est revenu dans le séjour s'asseoir face à l'écran où jusqu'à 21 h 00 il a suivi les nouvelles de la guerre, la guerre dont il ne se préoccupe guère, dont il ne retient que l'élément le plus important, à savoir que les clefs du pouvoir sont toujours dans la poche droite de la veste du général.

De la pleine connaissance de ce seul et unique détail dépend le sort des relations entre les belligérants, et ce quels que soient les protagonistes et quelle que soit la nature du conflit, il le sait et en est intimement persuadé. À preuve cette mésaventure qui, ayant éloigné la tête du pouvoir, le plonge dans l'embarras : que suis-je sans les clefs, même si d'ordinaire je n'en dispose pas ? Et que devient le pouvoir s'il n'est pas transféré ? Rien. Le pouvoir en défection se transforme en crise, et qui dit crise dit guerre : demain, l'inspection ne sera pas faite, et après-demain, profitant de la faille offerte, ils s'uniront et ce sera l'état de guerre...