Elle repose sur le dos, les jambes ouvertes. La main droite est entre les cuisses, la gauche tire vers le plafond des mèches de ses cheveux qu'elle laisse retomber sur son visage au bout d'un moment. Sa tête est rejetée en arrière, la nuque épousant le traversin. Au loin, un téléphone sonne, et, comme s'il y avait un lien, elle pense tout à coup au plafond, puis au cours séché, puis de nouveau au plafond, puis à une énorme glace impossible à manger, puis à une plage, puis de nouveau au plafond, puis – encore que distraitement – à la chaleur qui monte doucement en elle, la chaleur qui la remet sur la plage et la place sous un professeur – de hautbois – dont elle est obligée d'imaginer le corps et le sourire puisque jamais elle n'a vu son corps et jamais elle ne l'a vu sourire ; et de chercher à l'imaginer, lui fait perdre ses idées, et de nouveau, elle pense au plafond, puis à manger – encore qu'elle ne sache exactement quoi –, et pense alors à l'immeuble, puis à des vacances elle ne sait trop où, puis de nouveau au plafond, puis de nouveau à sa chaleur personnelle, tandis que la porte s'ouvre et qu'apparaît la mère.