Livre du jour, lu tout à l'heure. Cela fait des années que j'entends ce nom autour de moi : Roger Nimier, prononcé avec cette sorte de respect et d'admiration en murmures et soupirs que l'on n'accorde qu'aux personnages de la marge, fussent-ils de la gente parisienne (nulle péjoration dans cette formule) ; qu'un public restreint et intimiste couve avec d'autant plus de chaleur et de jalousie qu'ils ont la conscience de cette restriction et de cette intimité. Bref, c'est un clan. Un clan d'autant plus compact et resserré que l'objet de son admiration est figure de mythe, caractère que lui a conféré sa mort prématuré – c'est de celle de Nimier que je parle. En voiture, évidemment... Je ne l'ai jamais lu, et je le découvre ici dans une très curieuse édition, La Dilettante, à Paris, dont la couverture est un pastiche de celles du Fleuve Noir, série police et espionnage, des années 50. « Hommage à Gourdon », est -il précisé, Gourdon qui en était justement l'illustrateur de prédilection (voir San-A., Kenny, etc.)... Nimier a dû mourir dans les années 60 ; ce texte est donc posthume. Roland Cailleux en fait la postface, qui fut son ami, ainsi que Blondin dont il parle... Qu'est Nimier exactement, je ne sais. Et je ne suis pas sûr que ce texte, nouvelle, « histoire » comme indiqué, m'incite à aller plus loin. Dernière semaine de l'année, un jeune homme tue sa bien-aimée, poursuite, arrestation, passage à tabac, fuite, abattage. Sorte de nouvelle noire moderne qui s'inscrit bien dans le style noir revu de l'après-guerre...

8 octobre 1997