9 h 00. CRAM. Une collègue – Marcelle, pour la nommer – effectue un stage de formation de bibliothécaire. Elle m'en parle, évidemment, et me montre un exemplaire de la revue Notes bibliographiques. C'est le recueil des sorties du mois en matière de livres. En tête de liste, le livre du mois ; en l'occurrence L'Homme du cinquième jour, Jean-Philippe Arrou-Vignod. Chaque livre est accompagné d'une fiche technique et d'un commentaire, note de lecture. La particularité de cette note, c'est de présenter certains termes, noms, membres de phrases, en caractères gras. Sans doute afin de mieux agir sur la mémoire du lecteur, de capter son attention et son intérêt.
Par exemple, pour La Bataille de Patrick Rambaud
(est-ce le même qui à une époque sévissait à Actuel ?) :
Balzac ressusciter une bataille écœurement hécatombe
.
Pour Appelle-moi de Delia Ephron :
téléphonique famille éclatée sénilité.
Ou encore : mort-né poids lourd surréaliste désespoir poignant.
Ou bien :
fougue vingt-cinq ans quarante-neuf ans vieux barbon.

(Figure, en fin de chaque note de lecture, une appréciation concernant la typographie, ainsi libellée : « bonne typographie », « excellente typographie », « typographie serrée », « typographie claire », etc. Pourquoi s'attachent-ils à la typographie plutôt qu'à la facture de l'ensemble de l'ouvrage ? En outre, cette mention n'est réservée qu'aux seuls romans. La lisibilité, confort de lecture, n'a donc strictement aucune importance pour les autres genres, littéraires ou non. Plus que jamais, faveur est accordée au lecteur moyen...)

28 octobre 1997