Notes pour une musique 1

(via R. Laporte)

- Extraits -

 

« La musique, le seul langage humain où s’anéantisse l’objet. »

(Élie Faure)

 

« La musique n’est pas un langage car elle ne dit rien et ne s’adresse à personne. »

(Hervé Gadras)

 

 

J’ai appris (je l’ai appris), dès mes premiers mois de pratique, que l’improvisation était une confrontation avec l’inconnu, soit l’abandon de la maîtrise pour la soumission et la rémission au hasard. L’improvisation, c’est l’aléatoire.  C’est dire et penser : où est la musique lorsqu’il n’y a pas les signes et les grilles, quand il n’y a plus l’instrument et moi ? Quelle sera la musique de ma confrontation sonore avec l’aléatoire, le fortuit ? Plus tard, j’ai appris (on me l’a appris) qu’il existait des lieux d’enseignement où se réunissaient des classes d’improvisation, de la même manière que se réunissaient des classes de composition.  Des classes avec des grilles.

 

(Improviser : du latin subito, ou ex tempore, produire sur-le-champ et sans préparation.)

 

Laporte écrit : « Sebök, c’est Mozart quand il le joue », alors que Sebök, c’est Sebök, et Mozart, c’est la partition. De la même manière qu’il dit : « Toute la musique, c’est Mozart », alors que la musique ça n’est pas.

 

 

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1 ce texte est extrait du numéro de la revue La Porte intitulé « Les Métamorphoses de Syrinx », aux éditions EVADNE.