Hier, alors que je fumais au pôle 6, m’est l’envie de prendre la voiture, de rouler jusqu’à une terrasse où j’aurais pu lire. Je m’étais promis, si le temps était resté aussi beau, de le faire aujourd’hui. Le temps était estival, de la même façon, j’ai pris mon après-midi et suis parti. Comme but, le Pays des collines dont m’avait parlé avec enthousiasme Samy il y a deux ou trois ans. J’en avais parlé à Éléonore à cette époque et il n’y avait pas eu de suite. J’y suis allé, c’est à une demi-heure en voiture, dans le Tournaisis. J’avais avec moi la brochure qui promettait une merveilleuse randonnée. Mais je me méfiais, je sais que Samy a l’enthousiasme un peu facile. J’avais raison. Si le paysage n’est pas mal du tout, les localités, par contre, sont tristes et presque sordides. Je suis sorti à Frasnes, grise et il n’y avait pas l’ombre d’un troquet et encore moins d’une terrasse. Hier, j’étais passé à la librairie jeter un coup d’œil sans rien acheter. Aujourd’hui, une fois ma décision prise, j’y suis retourné, ai acheté quatre petits formats de Japonais dont Histoire du poète qui fut changé en tigre d’un inconnu, Nakajima Atsushi. À Amougies, minuscule et déserte, où, à un carrefour, se trouve un troquet avec une terrasse et des parasols, j’ai tenté de l’entamer, mais le cœur n'y était pas... Au vu de l’heure, j’ai renoncé à aller voir de plus près le Mont de l’Enclus et j’ai repris la route de Tournai sans bien savoir où j’allais m’arrêter.

 

5 juin 2010