Au retour, deux heures, j’ai entamé Yapou. Je m’y suis remis au lever, puis l’ai repris dans l’après-midi. J’en ai lu un bon quart. Voyage temporel, le monde en trois mille et des, époque où les Asiatiques sont considérés et utilisés comme du bétail. Yapou de Japon. C’est un Japonais qui écrit et qui imagine son peuple asservi de cette manière. C’est assez étonnant, mais le plus étonnant, c’est la forme, soit quelque rapporteur de cette époque qui intervient dans l’histoire, qu’il raconte, pour en faire une sorte d’essai. L’histoire dès lors devient comme l’illustration de ce rapport. L’écriture est entre Jules Vernes et les romans d’anticipation du Fleuve Noir des années 50. Le style est évacué. C’est clinique, observé, rapporté. Ce monde a été imaginé dans les moindres détails et Numa n’épargne aucune explication, références, citations. C’est cette précision qui pour l’heure me frappe avant tout autre élément narratif. Francko m’avait dit qu’il ne pouvait plus voir les objets qui l’entourent de la même façon. Je commence à comprendre de quoi il veut parler.

 

11 novembre 2005