Lecture. Quoique je n'y aie guère de goût...

Il me fallait de l'histoire, du récit. Et du fin. Ç'a été Demain sera un autre jour, au Serpent à Plumes, recueil de nouvelles. J'en ai lues deux, aborde la 3e en pensant à l'inintérêt qu'elles m'inspirent, mais, dans le même temps, me disant – et en ayant à l'esprit Fernandez et ce que j'en avais dit – que s'affirme ici pleinement la dénaturation que provoque et impose la traduction (et de surcroît, le traducteur – lequel, dans l'altération prévaut contre l'autre ?). Sans que je connaisse l'espagnol,

je peux dire ou pour le moins deviner que la traduction exerce ici son plein pouvoir de défiguration. Le degré est variable, selon les langues, les auteurs, et les traducteurs (celui-ci, en l'occurrence, ne me semblant pas extraordinaire, loin s'en faut, voir les pancakes – André Gabastou), mais ici il semble atteindre un point particulièrement élevé dans l'occultation, non pas tant du point de vue de l'écriture (encore qu'elle soit passablement ordinaire et convenue, voire maladroite et Onetti prend ici des allures de débutant) que du ton, du climat, d'une dimension propres à la culture et à la langue d'origine que je ne puis malheureusement que ressentir, tant à cause de ma méconnaissance de la langue et de ce qui s'y attache que du traducteur qui est incapable de restituer un tant soit peu la vie souterraine de ladite langue…

Mais peut-être qu'Onetti est inintéressant aussi dans sa langue

(qu'ai-je lu de lui, au fait ? Son nom m'est familier.

D'où tiens-je cette familiarité ?).

 

28 mai 2001