Ogawa va peut-être réussir à mettre un terme à ma dissipation en matière de lecture. J’ai achevé les deux premiers récits, en ai entamé dans la foulée le troisième. Qui m’a dit qu’il n’y avait rien de japonais chez elle, que n’importe qui d’un autre pays pourrait ou aurait pu écrire ce qu’elle écrit, que ça pourrait se passer dans n'importe quel pays au monde ? Je ne suis pas d’accord. Ça l’est dans le rapport à la réalité, dans la description de l’anodin du quotidien et du rapport qu’il entretient avec une certaine réalité. Par exemple. Je note en passant le travail de la traductrice qui n’aura pas son image. Comme ses collègues, elle semble s’échiner à vouloir rendre le style d’origine. Ça aboutit à de la prose journalistique telle qu’elle existe dans L’Immonde : rupture de phrase, verbes escamotés, ce qui fait qu'un texte littéraire japonais ressemble à un mauvais article de quotidien. C’est très agaçant. C’est drôle tout de même de s’imaginer qu’il suffit de casser une phrase ou de bouleverser la ponctuation pour avoir du style.

 

16 juillet 2010