Commencé, sans l'achever.
Si je ne l'ai pas achevé, c'est que je n'ai pas pu ; c'est qu'il m'a été impossible, avec la meilleure volonté du monde de supporter ce livre qui est sans doute le plus abominable que j'ai lu.
Je suis atterré. Comment peut-on écrire un livre aussi ridicule ? (et je ne parle que de l'écriture, rien que de l'écriture). Et encore maintenant, je me demande si ce n'est pas un roman comique, ou un pastiche, ou une parodie... C'est tout simplement consternant. Ce compromis entre la plate copie scolaire et la mauvaise imitation de l'ampoulé mondain me laisse pantois. Je ne comprends pas ; et il y a là vraiment quelque chose d'incompréhensible, et d'une certaine manière, je lui en veux d'avoir fait que ce livre existe et puisse ainsi me parvenir entre les mains.

19 avril 1990 (dans une lettre à B***)