Il n’y avait rien dans mon bureau, rien dans le séjour, rien sur la table de la cuisine, lieu le plus susceptible de recevoir des cadeaux. Je me suis installé pour manger. C’est à ce moment-là qu’elle est entrée avec plusieurs paquets dans les mains. J’ai aussitôt repéré le plus volumineux, en forme de livre, qui pouvait être le Proust que j’avais noté dans L’Immonde des livres il y a une quinzaine de jours. J’en avais ôté la page, l’avais pliée à la dimension de l’article et en avais entouré le titre au stylo à bille. Puis je l’avais négligemment laissé traîner dans le salon et plus précisément sur la petite table chinoise noire près de laquelle elle s’assoit généralement et sur laquelle est posée la télécommande de la télé. Il y avait un support de bougie fantaisie, parallélépipédique et en cristal (elle a parfois de drôles d’idées) et décorées de dauphins bondissant, puis un CD pour apprendre l’espagnol, une carte ornée d’un ours en peluche et enfin, la grande boîte qui, au poids, ne pouvait contenir un livre, une boîte de chocolats. « This one is for you », ai-je dit en la déshabillant. À ce moment-là, elle m’a dit : « You should switch on your computer. » Je suis monté en pensant qu’il y avait quelque chose sur mon premier bureau que je n’avais pas vu. Il n’y avait rien. J’ai allumé le machin et comme il lui faut un quart d’heure pour être disposé à fonctionner, je suis redescendu, me suis installé dans le salon d’hiver avec mes cadeaux. Puis je suis monté retrouver l’ordinateur qui avait eu tout le temps de se préparer. J’ai évidemment ouvert mon courrier. Il y avait une réponse de Luisella concernant l’appartement : c’est d’accord, il est réservé pour le 19 juin jusqu’au 26. Il y avait aussi un message de chez Ulysse et j’ai compris à ce moment-là que le message était bien passé. Mais en cliquant sur le lien, je suis tombé sur l’annonce d’une fête à la librairie le 19. Je ne comprenais pas, je suis descendu lui demander ce qu’il en était. Elle ne comprenait pas non plus et m’a demandé de lui envoyer le message. C’est en revenant à l’écran que j’ai remarqué qu’il y avait une pièce jointe « joyeux anniversaire ». Je l’ai ouverte : il était en commande, je n’ai plus qu’à attendre pour en prendre possession.

 

15 mars 2010