D’un dimanche passé à la maison ; d’énervement sur les anomalies énigmatiques liées à l’enregistrement du son sur mon ordinateur, qui se précisent, s’aggravent, qui me décident tout à fait à l’abandonner au profit du laptop ; de Quignard et de son Carus que j’ai entamé hier matin suite à la mention qui en est faite dans le NRF posé sur le canapé noir du séjour. Le marque-pages se trouvait à cette page-là, soit à la critique de Carus. J’allais la lire lorsque je me suis exclamé : « Mais je l’ai ». Je l’ai, depuis des années, dans la souffrance. Quignard m’a toujours semblé suspect, voire louche. D’où agacement, méfiance et attirance. J’ai dû l’agripper trois ou quatre fois, le sortir de l’étagère pour le replacer aussitôt après. Cette fois-ci, je le prends, c’est l’occasion, c’est un signe (ou une manière de). Une image en couverture étant censée illustrer, je m’étais référé à celle de ce Folio, reproduction d’une toile enneigée à la Bruegel. Carus est bien du latin, de là un lien fort légitime et très compréhensible entre les deux pour me faire imaginer que tout ceci allait se dérouler dans un paysage moyenâgeux, qu’il fût flamand ou non. Rien de tout cela. C’est à Paris, bord de Seine, rue du Bac et environs. Une poignée d’intellectuels occasionnellement instrumentistes de musique (Schubert, Haydn, Fauré, bien sûr) dissertent et cancanent autour de la dépression, ou dite telle, de l’un des leurs. J’ai failli refermer au bout de la dixième page. Puis, imperceptiblement, ça m’a accroché. Quoi exactement, je ne sais. J’ai poursuivi, peut-être justement pour découvrir ce qui me tenait attaché malgré tout.