Rémi aurait eu huit ans aujourd'hui, à 22 h 30 exactement, « heure à laquelle nous avions exceptionnellement décidé de lui remettre ses cadeaux », nous a confié sa mère, qui a ajouté, après un insoutenable silence lourd de signification : « Mais pourquoi ne l'avons-nous donc pas fait plus tôt ? », avant de s'effondrer en larmes dans les bras de son époux... Eh bien oui, pourquoi ? Cruelle destinée pour le petit Rémi qui, à en croire le voisinage, était une crème de petit garçon, la fierté de ses parents, et qui, ce matin même, comme tous les matins de la semaine – sauf le mercredi –, à 8 h 30, sortait du numéro 12 de la rue V. où il habite avec ses parents, tous deux membres honorables du corps médical, des gens sans histoires ni complications. Il partait à l'école et, comme tous ces matins-là, traversait la chaussée pour rejoindre la petite X. demeurant au 5e gauche du numéro 125 du boulevard G., qui l'attendait sur le trottoir opposé.