Chaque fois que Roland et Édith se croisent – le plus souvent dans la rue qu’ils habitent tous deux –, ils détournent les yeux. Chacun aime l’autre, mais aucun des deux n’ose montrer son amour autrement qu’en détournant les yeux. Et en rougissant. Ce qui est un comble lorsqu’on sait qu’ils se connaissent depuis des mois et que, indéniablement, ils sont faits l’un pour l’autre.

Faits l’un pour l’autre, et ils le savent. Ils le savent depuis le premier regard qu’ils n’ont osé s’accorder, première fuite de regard qui fait que davantage que de vue, c’est de non-vue qu’ils se connaissent.