Acheté à l'Usine l'année dernière pour cinq francs.
Il a fait partie du lot emporté pour la Tunisie.
Note du 27 juin 1999, rédigée dans l'avion NouvelAir direction Tunis : « Dans le hall du T9, j'ai entamé Les Enfants du silence de Jean-Michel Rey, collection Carnets chez Plon. Il s'agit de notes et de réflexions sur la lecture, qui évidemment me font penser aux miennes. »
Y trouverai-je un intérêt en tant que lecteur ?
Puis : 28/7/99.
« 
9 h 20 : plage, soleil. Je poursuis la lecture de Rey. »
Puis :
« Sur Rey : beaucoup de citations ; il faudrait considérer chaque chapitre (jour, puisqu'il s'agit d'un journal) comme un livre à part entière.
N'en lire donc qu'un à la fois, et bien espacés dans le temps,
sans ordre ni chronologie. »

Marque-pages : à partir d'une remarque en page 63 :
« Prendre un volume au hasard dans la bibliothèque, [...] » :
Dans sa propre bibliothèque, ce n'est jamais (pas) au hasard.

J'ajouterai : est trop fidèle au journal d'origine ; je sais, par expérience, que la fidélité, notamment dans un journal de ce type, nuit à la lecture ;
le texte publié doit être fait en fonction de la lisibilité ; en fonction d'un lecteur : il doit être travaillé en ce sens (j'ai moi-même souvent du mal à relire les premiers bulletins du fait de la profusion des notes de lecture qui s'y trouvent – la fidélité scrupuleuse était souvent un jeu, un clin d'œil, mais à ce jeu, on se prend très vite soi-même et la vanité finit par l'emporter). Et le lecteur, même celui que je suis, soit, quelqu'un qui, à son image, applique la règle des notes de lecture, se sent éloigné, écarté :
on entre dans un univers clos, véritablement intime (davantage qu'une confession, qu'une livraison, il me semble). Ce n'est pas un livre pour un lecteur, mais pour un auteur : lui. Au bout du compte, ce type de livre, même s'il reste intéressant en soi, malgré tout, est un miroir.

(Je retiens néanmoins le « comme », récurrent en tant qu'obsession de l'auteur : la question qu'il se pose sur le « comme » – qui me renvoie bien sûr à celui de Breton et à la mauvaise interprétation que j'en avais faite à une époque.)

9 juillet 1999