Herbert cherche le moyen le plus efficace d'aborder Bénédictine tout en sachant pertinemment que rien n'y fait, que rien n'y peut faire, que tant qu'elle sera en ces lieux, qu'elle sera entre les murs et les bras de Vivien, elle ne sera nulle part ailleurs et à aucun autre.

Néanmoins, il cherche, et surplombant l'échiquier auquel il n'accorde qu'un intérêt feint, il ne cesse de lui lancer des regards, de la dévisager, de la déshabiller, de l'affronter et de la provoquer, elle qui, adossée au meuble à disques à l'autre bout de la pièce, sirote entre ciel et terre son énième solution fauve.

Et puis on sonne ; et il la regarde s'extraire de son monde, condescendre à mettre pied à terre et nonchalamment à se diriger vers le couloir où elle disparaît en compagnie de son verre que cette fois-ci elle a préféré emporter.

À peine a-t-elle disparu – et on dirait la chose voulue tant les deux mouvements sont enchaînés – que Vivien se lève et, notant par un bref regard sur le côté le déplacement du cheval de Patrice en F6, se dirige vers la chaîne.