« Demandez à Samson, il pourra vous répondre. »

Pour Clémence, c’est un double soulagement : celui de pouvoir enfin se décharger, se délester sur son mari, et celui de n’avoir pas à répondre à cette question de « gens pas nets » à laquelle elle ne comprend rien, à laquelle elle n’aurait pu répondre s’il n’y avait pas eu l’arrivée providentielle de Raymond, Raymond qui aussitôt s’est fait accaparer par Lazare, Lazare qui l’a aussitôt interrogé, la fenêtre, la fille d’en face, l’assassinat, l’homme au feutre, les bruits et les cris, la cécité et la surdité des voisins, toutes ces choses auxquelles Raymond est étranger, auxquelles il ne comprend pas grand-chose, auxquelles il ne sait que répondre, lui qui de cette fille pas de son goût (il ne l’a pas dit) ne connaît que la fenêtre et son store baissé (il ne le dit pas) que parfois, le matin, en se rasant, il regarde (il ne l’a pas dit).

« Demandez à Samson, il y est allé une fois. »