Mauvaise journée, fatigue et les lombes qui me font craindre une rechute. Éléonore était à la maison lorsque je suis rentré. Les retrouvailles n’ont pas été bouleversantes, et je n’avais pas acheté de lys, n’avait rien prévu pour le repas (et elle n’a pas désiré manger au-dehors). Je n’en avais pas envie et me sentais trop mal pour faire l’effort de m’arrêter chez le fleuriste. J’ai bricolé un repas de fortune, nous avons parlé de choses et d’autres, dont de l’arrivée de Laura et Romero. J’ai soupiré, elle m’a demandé pourquoi je soupirais. « Pourquoi, à ton avis ? » Elle s’en doutait, n’en était pas sûr, et j’ai dû répéter ce que j’ai déjà tant de fois dit à ce sujet. J’ai débarrassé la table, fait la vaisselle, elle est allée s’installer devant la télé (Chili-Argentine, je n’en revenais pas), je suis allé dans le salon d’hiver entamer le livre qu’elle m’avait rapporté de Londres, A History of Exploitation films, un type de cinéma qui a « sévi » aux États-Unis entre 1919 et 1959 et dont je ne connais pas le correspondant – s’il y en a un – en français (série Z, peut-être). Évidemment, je ne lisais qu’à moitié, n’avais pas l’esprit qu’aux deux mois à venir avec un couple et un enfant à la maison. Une fois l’introduction et ma cigarette achevées, je suis monté.

 

18 juin 2014