Ça fait bien quatre jours que j’attends ce moment-ci, celui de m’asseoir à ce bureau et y écrire. J’y avais bien pensé durant le séjour à Audreuses, mais je n’avais que mon calepin Malevitch, pas très commode, et je m’étais plus ou moins « promis » de ne pas écrire un mot. À un moment donné, l’envie m’en était tout de même venue ; mais j’y avais renoncé, par paresse, à cause du calepin, et je ne savais trop où me mettre ; la maison est grande et agréable, mais il n’y a pas un endroit qui se prête vraiment à l’écriture… Nous sommes partis il y a trois jours, rentrés aujourd’hui. C’était l’anniversaire d’Antek, Doriane nous avait demandé si ça ne nous dérangeait de l’emmener avec nous (j’ai l’impression qu’il s’ennuie beaucoup sorti de ses cours et de son atelier). Nous sommes passés le prendre, il était très joyeux, comique comme il sait l’être quand il n’a pas bu. Je ne me souviens plus de ce que nous avons fait cette journée-là, sinon manger, nous promener, puis manger de nouveau au soir avec la remise des cadeaux. Nous nous sommes couchés tôt, ou plutôt, ils se sont tous couchés tôt et je suis resté seul en bas à poursuivre le Simenon que j’avais tiré au hasard durant l’après-midi (Maigret et l’indicateur) de la collection du père de Doriane...