Innocent et moi mettons en place une nouvelle contrainte littéraire par correspondance dont la base est une pièce de théâtre. C’est assez excitant… Je lis Avec Stravinsky ; je suis assez partagé. Acuité, intelligence, mais certains passages me semblent nébuleux, pour ne pas dire incompréhensibles, et je me demande s’il ne s’agit pas d’un problème de langue (j’ai survolé la présentation et il me semble que Strawinsky – je ne peux empêcher le « w » de se tracer – s’est exprimé en plusieurs langues pour cet entretien, anglais, français, allemand, et ces passages me paraissent bien être le fait de quelqu’un qui ne maîtrise pas tout à fait une langue qui n’est pas la sienne. À ce propos, Robert Craft est états-unien, si je ne m’abuse, et la totalité de l’entretien – étrange chose puisqu’ils ont vécu en trio pendant des lustres dans le même appartement – est en français. Il ne me semble pas qu’il y ait mention d’une quelconque traduction ; ou alors, tout s’est fait en français (pourtant, si ; il est indiqué, au verso de la page-titre, qu’il s’agit « d’adaptations » de l’anglais et de l’allemand, entre autres, par Boulez ; adaptations ? le travail n’aurait donc pas été confié à de véritables traducteurs – Boulez ne l’est manifestement pas – ; l’entretien entre Craft et Stravinsky était donc en anglais, et le texte qui suit, de Stockhausen – un peu nébuleux –, en allemand).

 

28 mai 2015