Que Susan m'a offert.
La légèreté et la sagesse des estampes chinoises et japonaises
donne le ton de cet ouvrage de 1966 que j'ai davantage survolé que lu.
Je relève ce commentaire sur Casanova p. 222 :
« His Mémoires were brilliant and witty, but not very trustworthy concerning his amours.
Love affair follow love affair with such regularity as to be almost monotonous.
Their style is shamelessly frank, and they have never been published in a completely unexpurgated form. »
 
Je note de même la fascinante toile de Rossetti, sans titre indiqué, représentant Dante voyant Béatrice pour la première fois. Fascinante de par sa composition, mais aussi et surtout, et c'est bien ce détail qui aussitôt m'a attiré, par la présence de la seconde compagne de Béatrice dont l'ingénuité de la posture et la sensualité des formes sont proprement sidérantes. D'emblée, elle accapare la première place, reléguant dès lors Béatrice au rôle de comparse sèche et un peu fade plutôt que de femme convoitée ou convoitable. À ce point qu'au premier regard c'est en elle que j'ai vu Béatrice, elle qui, à l'image de la seconde compagne au second plan, regarde Dante, Béatrice se contentant simplement (obstinément ?) de fixer froidement un point devant elle ; elle que pourrait regarder Dante dont l'œil est posé sur le couple qu'elle forme avec Béatrice. Béatrice qui, avec la seconde compagne, affiche une mise sage et floue, tandis qu'elle, en reine, souveraine de la toile, expose ostensiblement la rondeur de son ventre et de ses seins sous un fin tissu dont le drapé, plus bas, souligne parfaitement le bas-ventre et sa jambe droite. C'est une figure d'exposition, d'exhibition ; de quasi-lascivité.
Et c'est elle seule qui véritablement regarde Dante.
Où peut donc se trouver cette toile ?

5 avril 1999