Alors que je fumais au pôle 6, m’est venue l’envie de prendre la voiture, de rouler jusqu’à une terrasse où j’aurais pu lire. Je suis passé à la librairie acheter quelques petits formats de Japonais dont Deux amours cruelles de Tanizaki, puis je suis parti. Comme but, le Pays des collines dont m’avait parlé avec enthousiasme Samy il y a déjà deux ou trois ans. C’est à une demi-heure de route, dans le Tournaisis. Si le paysage n’est pas mal du tout, les localités, par contre, sont tristes et presque sordides. Je suis sorti à Frasnes, grise et il n’y avait pas l’ombre d’un troquet et encore moins d’une terrasse. Finalement, j'ai abouti au Mont St Aubert. Voilà ce qu’il me fallait. Malheureusement le Belle Vue est fermé (« à remettre » indiquait un panonceau sur la porte) ainsi que le café moderne où j’avais pris quelques bières avec Stan il y a quinze ans. Restait l’hôtel et sa terrasse panoramique. Grande terrasse, peu de monde, une musique en fond pas gênante, j’ai trouvé une bonne place à côté d’un couple de Noirs qui semblait potasser des documents de médecine. J’avais déjà pris deux cafés auparavant (plus un verre d’eau à Amougies qui m’a été facturé au même prix que le café, merci). Je savais que la bière par cette chaleur allait m’abattre. J’ai pris un kir avec une assiette de snacks, c’est-à-dire, renseignements pris, du fromage, du salami et des olives. Je me suis enfin senti bien avec la déception de la découverte du Pays des collines. J’y ai entamé la première des Deux amours, « L’histoire de Shunkin ».

 

5 juin 2010