J’étais allé chercher Laura et Pedro à Mélo, de retour de Londres avec sa mère et Tashi. J’ai passé la journée avec eux, nous sommes repartis au matin tandis qu’Éléonore et Tashi reprenaient la route de Londres. J’ai passé l’après-midi dans mon bureau, elle a préparé le repas, je me suis ensuite installé au salon avec le DVD qu’elle m’avait offert joint à un superbe livre, le dernier paru de Daniel Testard le boulanger : Ciel ! Mon bonheur. Belle facture, richement illustré, il est sous-titré « astrologie humaniste ». Je l’avais entamé sur le balcon de l’appartement ; mais ce n’était pas le moment ; ça demandait un minimum de concentration et je me suis aussi très vite rendu compte que c’est un livre qui se consulte davantage qu’il ne se lit (c’est du reste ce que Laura m’a précisé plus tard). C’est spécialisé, très technique ; il n’empêche, c’est un très beau livre (à compte d’auteur, apparemment ; ça a dû lui coûter une fortune). Joint ce DVD auquel elle a participé : dix « portraits documentaires » (adjectivé pour l’occasion) de personnes ou de lieux du Morbihan (dont un de Daniel le boulanger). Il s’agit d’ateliers image et son, un groupe de personnes, accompagnées de professionnels, qui, pour la plupart, n’ont jamais touché une caméra ou une perche son. Je l’ai regardé, en partie avec elle, nous en avons beaucoup parlé. C’est inégal, dans le choix des portraits, dans la qualité de la réalisation (qui, au bout du compte, importe peu ; ce qui importe, c’est l’authenticité – mais aussi une justesse du discours), mais l’ensemble est une réussite, même si le choix du thème, et donc du titre, Le bonheur en question, ne me semble pas très judicieux. Il s’agit de bonheur, les portraits illustrent ; c’est enfoncer une porte ouverte (notamment le portrait des jeunes papas et mamans qui, forcément, nagent dans le bonheur – et donc, s’il devait y avoir pertinence entre ce que soulève le thème tel qu’il est formulé et ce portrait-ci, la question devrait être : est-on forcément heureux d’avoir des enfants ? la paternité, la maternité sont-elles du bonheur, forcément ?), et pourquoi parler du bonheur plutôt que de « joie de vivre » qui aurait été beaucoup plus adapté et dénué de toute connotation ? Ou ne parler de rien et simplement présenter les portraits qui en soi disent tout (dire, par exemple, « dix portraits du Morbihan », et interdire aux participants de prononcer le mot « bonheur »)