C’est le premier livre que j’ai vu en entrant dans la salle des livres chez Emmaüs, posé à plat sur l’une des deux tables où l’on trouve généralement les curiosités, et les livres qui sortent de l’ordinaire. En effet, c’est une curiosité : grand format, papier ivoire, couverture beige illustrée d’une reproduction médiévale. Je le prends : il est en italien : Gargano, il mito di un dio gigante d’un certain Marco Trotta. Je le feuillette, hésite. Qu’est-ce ? Mais quel sens a cette hésitation quand je sais que je vais l’avoir pour un euro, voire cinquante centimes ? Je l’emporte. Je l’ai de nouveau feuilleté une fois rentré : grec, latin, ancien français. Je l’ai entamé au soir. Mythe de Gargano (radical « gar », la gorge) (Gargans en français ? non : Gargan) dont l’auteur retrace la route à travers les textes pré-médiévaux grecs et latins (et français), rapprochement avec Hercule. Gargan, le géant-dieu (ou le dieu géant d’autant qu’en italien « gigante » est adjectif – non, substantif et adjectif comme en français). C’est aussi Gargantua (Gargan tua ?). Un auteur du XIIe siècle lui a consacré un long texte. Trotta raconte tout cela, je lis tout haut les fragments de textes grec et leur traduction en italien, passe du grec au latin, du latin à l’italien, quelle joie. (Je peine un peu à lire le grec, mais suis étonné de n’avoir rien perdu ou si peu – pour la compréhension, c’est une autre paire de manches ; je reconnais, identifie, mais ne comprends pas ou très peu.) C’est passionnant. Je l’ai repris ce matin…

 

5 mars 2017