Cyrille, cette phaïnoméride enduite de noir – noir de nylon, nylon dont on ne sait s'il est bas ou collant (mais à son âge, on ne porte pas de bas, et est-il possible que des bas soient si longs qu'un petit short puisse en dissimuler le haut ?) –, virevolte dans l'air chaud du soir, ce soir étouffant qui, après toutes ces semaines de gris et de pluie, semble être d'une région entre équateur et tropique en laquelle toute la rue aurait été transplantée.

Elle s'expose et se pavane sur le trottoir, en face de la porte de son immeuble ; et ainsi Victorien ne peut-il la voir. Ou du moins ne la voit-il pas encore (dans l'ignorance qu'il est de sa présence deux étages plus bas), lui qui, effondré de chaleur dans sa chaise longue toute neuve (dont il a pu oser l'achat suite à la disparition de la propriétaire, Julienne, et c'est bien là le seul objet étranger qui soit entré dans le meublé) qu'il a placée face à la fenêtre grande ouverte, écoute en soufflant et soupirant un quelconque concerto de Mozart sur son poste à transistors dont il a poussé le volume à fond.