Géraud a remporté la première partie, Narcisse la seconde. Et Théodore la troisième, dix de pique implacable sur ma main vide, puisque, pour la troisième fois consécutive, je m’étais retrouvé avec une carte en moins.

Ma seule consolation a été de penser qu’une main complète n’eût modifié en rien le résultat final. Mais n’était-ce pas inquiétant que je fusse ainsi embobiné à chaque donne – autre et nouvelle manière d’être moqué et bafoué – sans que je pusse y déceler le moindre défaut, la moindre faille, qui m’eût permis – à supposer que j’en eusse eu le courage – de démasquer le tricheur et de le dénoncer devant toute l’assemblée.

« Alors, Thècle ? Tu donnes ? »

Mais c’était à moi de faire, et cette fois ni Géraud et sa voix fourbe, ni Narcisse et ses miroirs intérieurs, ni Théodore avec ses airs de monomane, ne pouvaient m’empêcher de me constituer une main complète et d’espérer, par là même, de gagner cette quatrième partie.

Ce qui a priori n’était pas insurmontable, encore que j’eusse à décider lequel des trois serait lésé...