Il y a Gilbert et Barnabé ; et puis il y a Thomas. Mais en fait, il s’agirait plutôt de Gilbert, Thomas et Barnabé, Barnabé étant le plus âgé des trois et Gilbert le cadet.

Seule une année les sépare, Barnabé de Thomas et Thomas de Gilbert, mais à les voir l’un à côté de l’autre, par ordre croissant de naissance, on pourrait aisément croire qu’ils sont de la même année, et pour tout dire de la même heure tant ils se ressemblent. Et si l’on demandait à Raymond leur père de se placer à la gauche de Thomas, on s’attendrait à tout instant à l’entrée de deux ou trois autres personnages, nantis d’un visage similaire à celui des frères, qui viendraient s’insérer entre Barnabé et Raymond afin de rétablir le dessin de la courbe ascendante qui partant de Gilbert finit à Raymond, ligne qui serait la représentation à travers le temps d’un même visage, celui du père.